En bref
Bologne se lit comme une ville en couches. Sous la Piazza Maggiore subsistent des traces de Felsina et de Bononia ; les rues médiévales racontent la commune et le Studium ; l’Archiginnasio et Palazzo Poggi montrent deux âges de l’université. Connaître quelques dates suffit à rendre la visite beaucoup plus lisible.
- Origines
- Felsina étrusque, puis Bononia romaine
- Université
- 1088, date conventionnelle
- Portiques
- Obligatoires dans les nouvelles constructions dès 1288
- Fil de visite
- Salaborsa, Archiginnasio, Palazzo Poggi et Palazzo Pepoli
De Felsina à Bononia
Avant Bologne, il y eut Felsina, l’une des principales villes étrusques de la vallée du Pô. Les traces d’habitats plus anciens remontent à la civilisation villanovienne. Après la période étrusque et l’occupation par les Boïens, Rome fonda la colonie de Bononia en 189 av. J.-C.
Le quadrillage romain reste perceptible dans le centre. La via Emilia suivait approximativement l’axe des actuelles via Rizzoli et via Ugo Bassi. Sous le sol vitré de la Salaborsa, à côté de la Piazza Maggiore, les fouilles montrent notamment des vestiges de la ville romaine et de ses édifices publics. C’est le raccourci le plus concret pour comprendre que le centre civique actuel prolonge une très longue histoire urbaine.
Le Moyen Âge : la commune, les tours et le Studium
La ville connut un nouvel essor à partir du XIe siècle. La commune et le Studium, ancêtre de l’université, se développèrent ensemble. L’université retient 1088 comme date conventionnelle : il ne s’agit pas d’un acte de fondation signé ce jour-là, mais d’un repère adopté pour une institution née progressivement autour d’étudiants et de maîtres.
Les cours se tenaient alors dans des maisons, des couvents et des locaux loués. Cette présence diffuse explique pourquoi l’histoire universitaire ne se résume pas à un campus unique. Elle contribua aussi à l’essor économique et démographique de la ville, visible dans les palais, les églises et les tours qui marquent encore le centre.
Les Deux Tours sont devenues l’emblème de ce paysage médiéval. La Piazza Santo Stefano et les ruelles voisines permettent d’en sentir l’échelle, même lorsque les bâtiments ont été remaniés.

Pourquoi Bologne a autant de portiques
Les portiques apparurent comme des extensions des étages sur la rue. Leur utilité finit par être reconnue : les statuts communaux de 1288 les rendirent obligatoires pour les nouvelles constructions et imposèrent leur usage public, bien qu’ils se trouvent sur des propriétés privées.
Ce choix urbanistique explique l’unité visuelle de Bologne. Le portique n’est pas seulement un décor : il relie la maison, le commerce et la rue. Plus de sept siècles d’adaptations ont produit des formes très différentes, du bois médiéval aux ensembles modernes. Douze composantes représentatives des portiques de Bologne ont été inscrites au patrimoine mondial en 2021. Le parcours des portiques UNESCO aide à voir cette évolution.

De l’autonomie communale à la ville pontificale
À partir du XIVe siècle, Bologne perdit une partie de son autonomie au fil des conflits et des changements de pouvoir. La ville passa durablement sous l’autorité pontificale au début du XVIe siècle, tout en conservant un Sénat local et une place importante dans les États de l’Église.
Cette période transforma le centre. En 1563, l’Archiginnasio réunit pour la première fois les écoles du Studium dans un même palais. Sa cour couverte de blasons et son théâtre anatomique condensent cette histoire institutionnelle : le guide de l’Archiginnasio prépare la visite.
Au XVIIIe siècle, l’Institut des sciences installé à Palazzo Poggi donna une nouvelle visibilité à l’expérimentation, aux collections et à l’observation. La tour de la Specola, les cabinets scientifiques et les cires anatomiques témoignent de cet âge savant.
Napoléon, l’unification et la ville moderne
Les réformes napoléoniennes bouleversèrent les institutions. En 1803, l’université quitta l’Archiginnasio pour Palazzo Poggi, autour duquel se structura un nouveau quartier culturel. Après le retour du pouvoir pontifical, Bologne rejoignit le nouvel État italien en 1859.
La gare, les boulevards et les extensions de la fin du XIXe siècle modifièrent ensuite la ville au-delà des anciennes murailles. Au XXe siècle, Bologne fut touchée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, puis par les tensions politiques de l’après-guerre et des années de plomb. Sa reconstruction, son rôle universitaire et son économie de services ont façonné la ville actuelle sans effacer le plan historique.
Une chronologie courte à retenir
| Date ou période | Ce qu’elle explique aujourd’hui |
|---|---|
| Époque villanovienne et étrusque | Les premières couches visibles dans les musées et sous la Salaborsa |
| 189 av. J.-C. | Fondation de Bononia et trame romaine du centre |
| Vers 1088 | Repère conventionnel du Studium et identité de « Bologne la Savante » |
| XIIIe siècle | Commune puissante, tours et forte croissance urbaine |
| 1288 | Généralisation réglementaire des portiques |
| 1563 | Réunion des écoles dans l’Archiginnasio |
| 1803 | Transfert de l’université à Palazzo Poggi |
| 1859-1861 | Rattachement au nouvel État italien |
| 2021 | Inscription de douze ensembles de portiques au patrimoine mondial |
Où voir cette histoire pendant le séjour
- Salaborsa : les vestiges sous le sol vitré donnent le meilleur point d’entrée pour Felsina et Bononia.
- Musée civique archéologique : pour approfondir les périodes villanovienne, étrusque et romaine.
- Piazza Maggiore et Palazzo d’Accursio : pour le pouvoir communal et l’évolution du cœur civique.
- Archiginnasio : pour l’université des XVIe au début du XIXe siècle.
- Palazzo Poggi et via Zamboni : pour l’Institut des sciences et l’université moderne.
- Palazzo Pepoli : pour un récit continu de l’histoire de la ville, de Felsina à nos jours.
- Certosa : pour l’histoire artistique, sociale et politique des XIXe et XXe siècles.
Pour une première visite, ne cherchez pas à tout couvrir. Une boucle Salaborsa–Piazza Maggiore–Archiginnasio, puis une seconde séquence autour de Palazzo Poggi, suffit à relier les grandes étapes sans transformer le séjour en cours magistral.
Sources et liens utiles
- Biblioteca Salaborsa — fouilles de la Piazza copertacittadellamusica.comune.bologna.it
- Università di Bologna — Bologna: Art and Historyunibo.it
- Università di Bologna — Nine centuries of historyunibo.it
- Comune di Bologna — Il Portico Bologneseportici.comune.bologna.it
- Palazzo Pepoli — Museo della storia di Bolognapalazzopepoli.it
