Façade médiévale en brique du Palazzo Pepoli Vecchio, siège du musée de l’histoire de Bologne

Histoire de la ville

L’histoire de Bologne pour comprendre la ville

De Felsina à la ville des portiques : les grandes étapes qui expliquent le plan, les palais, l'université et l'identité de Bologne.

  • Mis à jour le
  • 4 min de lecture

Photo : Patafisik / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

En bref

Bologne se lit comme une ville en couches. Sous la Piazza Maggiore subsistent des traces de Felsina et de Bononia ; les rues médiévales racontent la commune et le Studium ; l’Archiginnasio et Palazzo Poggi montrent deux âges de l’université. Connaître quelques dates suffit à rendre la visite beaucoup plus lisible.

Origines
Felsina étrusque, puis Bononia romaine
Université
1088, date conventionnelle
Portiques
Obligatoires dans les nouvelles constructions dès 1288
Fil de visite
Salaborsa, Archiginnasio, Palazzo Poggi et Palazzo Pepoli

De Felsina à Bononia

Avant Bologne, il y eut Felsina, l’une des principales villes étrusques de la vallée du Pô. Les traces d’habitats plus anciens remontent à la civilisation villanovienne. Après la période étrusque et l’occupation par les Boïens, Rome fonda la colonie de Bononia en 189 av. J.-C.

Le quadrillage romain reste perceptible dans le centre. La via Emilia suivait approximativement l’axe des actuelles via Rizzoli et via Ugo Bassi. Sous le sol vitré de la Salaborsa, à côté de la Piazza Maggiore, les fouilles montrent notamment des vestiges de la ville romaine et de ses édifices publics. C’est le raccourci le plus concret pour comprendre que le centre civique actuel prolonge une très longue histoire urbaine.

Le Moyen Âge : la commune, les tours et le Studium

La ville connut un nouvel essor à partir du XIe siècle. La commune et le Studium, ancêtre de l’université, se développèrent ensemble. L’université retient 1088 comme date conventionnelle : il ne s’agit pas d’un acte de fondation signé ce jour-là, mais d’un repère adopté pour une institution née progressivement autour d’étudiants et de maîtres.

Les cours se tenaient alors dans des maisons, des couvents et des locaux loués. Cette présence diffuse explique pourquoi l’histoire universitaire ne se résume pas à un campus unique. Elle contribua aussi à l’essor économique et démographique de la ville, visible dans les palais, les églises et les tours qui marquent encore le centre.

Les Deux Tours sont devenues l’emblème de ce paysage médiéval. La Piazza Santo Stefano et les ruelles voisines permettent d’en sentir l’échelle, même lorsque les bâtiments ont été remaniés.

Tour des Asinelli dominant les toits, avec la Garisenda plus basse et la coupole de Santi Bartolomeo e Gaetano
La tour des Asinelli et la Garisenda, témoins de la ville aux cent toursPhoto : Ввласенко / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0

Pourquoi Bologne a autant de portiques

Les portiques apparurent comme des extensions des étages sur la rue. Leur utilité finit par être reconnue : les statuts communaux de 1288 les rendirent obligatoires pour les nouvelles constructions et imposèrent leur usage public, bien qu’ils se trouvent sur des propriétés privées.

Ce choix urbanistique explique l’unité visuelle de Bologne. Le portique n’est pas seulement un décor : il relie la maison, le commerce et la rue. Plus de sept siècles d’adaptations ont produit des formes très différentes, du bois médiéval aux ensembles modernes. Douze composantes représentatives des portiques de Bologne ont été inscrites au patrimoine mondial en 2021. Le parcours des portiques UNESCO aide à voir cette évolution.

Portique médiéval en bois de la Casa Isolani sur la Strada Maggiore
Un portique médiéval en bois : la Casa Isolani, sur la Strada MaggiorePhoto : Clarkfor / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0

De l’autonomie communale à la ville pontificale

À partir du XIVe siècle, Bologne perdit une partie de son autonomie au fil des conflits et des changements de pouvoir. La ville passa durablement sous l’autorité pontificale au début du XVIe siècle, tout en conservant un Sénat local et une place importante dans les États de l’Église.

Cette période transforma le centre. En 1563, l’Archiginnasio réunit pour la première fois les écoles du Studium dans un même palais. Sa cour couverte de blasons et son théâtre anatomique condensent cette histoire institutionnelle : le guide de l’Archiginnasio prépare la visite.

Au XVIIIe siècle, l’Institut des sciences installé à Palazzo Poggi donna une nouvelle visibilité à l’expérimentation, aux collections et à l’observation. La tour de la Specola, les cabinets scientifiques et les cires anatomiques témoignent de cet âge savant.

Napoléon, l’unification et la ville moderne

Les réformes napoléoniennes bouleversèrent les institutions. En 1803, l’université quitta l’Archiginnasio pour Palazzo Poggi, autour duquel se structura un nouveau quartier culturel. Après le retour du pouvoir pontifical, Bologne rejoignit le nouvel État italien en 1859.

La gare, les boulevards et les extensions de la fin du XIXe siècle modifièrent ensuite la ville au-delà des anciennes murailles. Au XXe siècle, Bologne fut touchée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, puis par les tensions politiques de l’après-guerre et des années de plomb. Sa reconstruction, son rôle universitaire et son économie de services ont façonné la ville actuelle sans effacer le plan historique.

Une chronologie courte à retenir

Date ou périodeCe qu’elle explique aujourd’hui
Époque villanovienne et étrusqueLes premières couches visibles dans les musées et sous la Salaborsa
189 av. J.-C.Fondation de Bononia et trame romaine du centre
Vers 1088Repère conventionnel du Studium et identité de « Bologne la Savante »
XIIIe siècleCommune puissante, tours et forte croissance urbaine
1288Généralisation réglementaire des portiques
1563Réunion des écoles dans l’Archiginnasio
1803Transfert de l’université à Palazzo Poggi
1859-1861Rattachement au nouvel État italien
2021Inscription de douze ensembles de portiques au patrimoine mondial

Où voir cette histoire pendant le séjour

  • Salaborsa : les vestiges sous le sol vitré donnent le meilleur point d’entrée pour Felsina et Bononia.
  • Musée civique archéologique : pour approfondir les périodes villanovienne, étrusque et romaine.
  • Piazza Maggiore et Palazzo d’Accursio : pour le pouvoir communal et l’évolution du cœur civique.
  • Archiginnasio : pour l’université des XVIe au début du XIXe siècle.
  • Palazzo Poggi et via Zamboni : pour l’Institut des sciences et l’université moderne.
  • Palazzo Pepoli : pour un récit continu de l’histoire de la ville, de Felsina à nos jours.
  • Certosa : pour l’histoire artistique, sociale et politique des XIXe et XXe siècles.

Pour une première visite, ne cherchez pas à tout couvrir. Une boucle Salaborsa–Piazza Maggiore–Archiginnasio, puis une seconde séquence autour de Palazzo Poggi, suffit à relier les grandes étapes sans transformer le séjour en cours magistral.

Sources et liens utiles