En bref
Les Asinelli et Garisenda ne sont que la partie la plus visible de la Bologne médiévale. Une vingtaine d’autres tours ou maisons-tours subsistent, parfois absorbées par des palais et des commerces. Cette boucle relie les plus lisibles sans promettre un accès intérieur.
- Tours conservées
- 24 selon le parcours du Comune
- Boucle proposée
- Environ 1,6 km dans le centre
- À voir en priorité
- Galluzzi, Alberici, Uguzzoni, Prendiparte et Azzoguidi
- Accès
- Extérieurs visibles ; intérieurs généralement privés
Pourquoi Bologne était une ville de tours
Les chroniques et les reconstructions évoquent environ une centaine de tours dans la ville médiévale. Elles servaient à la défense et à l’affirmation du rang des familles, mais leurs formes et leurs usages variaient. Certaines étaient de puissants volumes fortifiés ; d’autres, des maisons-tours réellement habitées.
Vingt-quatre tours sont encore recensées dans le parcours publié par le Comune. Beaucoup ont été abaissées, incorporées à d’autres bâtiments ou transformées. Pour les repérer, cherchez la base en blocs de sélénite, les murs de brique épais, les anciennes portes situées au-dessus du niveau de la rue et les ruptures dans les façades plus récentes.
1. Torre Galluzzi : la tour dans sa cour
Depuis la Piazza Maggiore, rejoignez la Corte Galluzzi par la via d’Azeglio ou la Piazza Galvani. La tour atteint encore environ 30 mètres. Son intérêt vient surtout de son contexte : la cour conserve l’idée d’une curia familiale regroupant résidences, dépendances, chapelle et tour.
La porte ancienne, placée très haut, rappelle que l’entrée pouvait être isolée en cas d’attaque. Prenez le temps de regarder l’épaisseur de la maçonnerie plutôt que de chercher un recul impossible dans la cour.
2. Torre Alberici : une tour devenue commerce
Traversez le Quadrilatero vers la via Santo Stefano 4A, près du Palazzo della Mercanzia. La Torre Alberici mesure environ 27 mètres. Son rez-de-chaussée fut transformé en boutique dès le Moyen Âge, ce qui en fait un bon exemple de tour adaptée à la vie commerciale.
Repérez la fermeture en bois à bascule et l’ancienne entrée élevée encadrée de sélénite. Le commerce actuel est privé : la tour se comprend depuis la rue, sans supposer que l’on puisse visiter ses étages.
3. Torre Uguzzoni : la maison-tour du ghetto
Entrez dans l’ancien ghetto par les petites rues autour de la via dell’Inferno et du vicolo Mandria. La Torre Uguzzoni, haute d’environ 32 mètres, fut conçue comme une maison-tour. Sa porte en arc brisé et ses fenêtres de terre cuite restent lisibles malgré les transformations ultérieures.
Elle est facile à manquer parce qu’elle se fond dans le bâti. C’est précisément ce qui la rend intéressante : elle montre comment une structure médiévale continue à faire partie d’un îlot habité.
4. Torre Prendiparte : la Coronata
Continuez vers la via Sant’Alò. Construite au XIIe siècle, la Torre Prendiparte atteint environ 60 mètres et comporte douze niveaux. Son surnom de Coronata vient d’un retrait de maçonnerie en forme de couronne vers le sommet.
Elle fut utilisée comme extension du séminaire puis comme prison ecclésiastique. Les informations d’ouverture peuvent évoluer selon l’usage privé du lieu : considérez l’extérieur comme la visite garantie et ne construisez pas votre journée autour d’une montée non confirmée.
5. Torre Azzoguidi : l’Altabella
À quelques rues, la Torre Azzoguidi domine la via Altabella au numéro 15. Haute d’environ 61 mètres, elle forme avec Prendiparte l’un des duos les plus impressionnants du secteur de la cathédrale.
Sa base carrée, sa maçonnerie et sa verticalité en font un bon prototype de tour bolonaise. Elle est privée et non visitable à l’intérieur. Le meilleur point de vue reste donc la rue, en prenant garde aux commerces et à la circulation piétonne.
Les tours publiques sur le chemin du retour
Revenez vers la Piazza Maggiore par la Piazza Re Enzo. La tour Lambertini, la tour de l’Arengo et la tour de l’Horloge rappellent que toutes les tours n’étaient pas seulement des forteresses familiales. Elles furent aussi intégrées aux édifices civiques et à la représentation du pouvoir communal.
Cette boucle peut se faire en environ une heure, ou en deux heures si vous ajoutez les ruelles du ghetto, le Quadrilatero et une visite intérieure autour de Piazza Maggiore.
Conseils pour bien les repérer
- levez les yeux avant d’arriver au pied de la tour : les rues étroites cachent les sommets ;
- utilisez une carte pour les localiser, mais observez les raccords entre la tour et les bâtiments voisins ;
- ne confondez pas une tour visible avec un monument ouvert au public ;
- privilégiez le matin pour les cours étroites et la fin de journée pour les façades hautes, sans garantie d’éclairage uniforme ;
- complétez la promenade avec l’histoire de Bologne plutôt qu’avec une liste de légendes non sourcées.
